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democratie et paix

Mardi 8 juin 2010 à 18:10

http://ciboue.cowblog.fr/images/ABIDJAN-copie-1.jpgLe candidat idéal (suite)

Après le candidat Gbagbo le mois dernier, nous vous présentons notre analyse sur les autres postulants au poste de président de la républiblique de Côte d'Ivoire. Aujourd'hui, c'est au tour des deux principaux outsiders, Bédié et Alassane, qui pourraient s'avérer très sérieux et très déterminants dans cette élection.


Abidjan by night

Henri Konan Bédié

Ainsi donc, nous commençons par l'ex-président HKB qui a perdu le pouvoir à la suite d'un coup d'état pacifique perpétré par l'armée le 24 décembre 1999. 
Le Sphinx de Daoukro, le Président Aimé Henri Konan Bédié est inévitablement l'homme qui ne mérite pas d'être candidat de nouveau à la présidence de la république de Côte d'Ivoire. Ceci dit, nous n'avons aucunément l'intention de jeter un pavé dans la mare de ce vaillant fils du pays qui dans le passé a eu le pivilège de fêter 7 milliards de nos francs. Il a été aussi l'initiateur d'intéressants programmes de développement dont la création de certaines entités économiques qui ont fait la fierté des ivoiriens. Seulement, la vérité nous oblige à situer les choses dans leur contexte réel. Bédié n'a jamais connu la compétition, car, il a toujours bénéficié d'un statut de privilégié, si bien que les situations ont toujours été arrangées en sa faveur jusqu'à sa prise de pouvoir en 1983, après la mort du patriarche Houphouët. Ce jour-là, le néo Président constitutionnellement désigné, demanda illico presto aux ivoiriens de se mettre à sa disposition, oubliant du coup les règles protocolaires et de courtoisie pour le peuple ivoirien. Peu importe, les ivoiriens avaient mieux à faire que de s'attarder sur les frasques d'un apprenti président. La suite est connue de tous. Il n'a pas su tenir lontemps les rennes de ce pouvoir et le perdit lamentablement à la suite d'un coup d'état qu'il aurait pu éviter. Malgré tout, ce dernier n'a pas pu tirer les léçons de cet échec dont il est le seul responsable. Il n'a même pas eu l'humilité de se remettre en question et faire son mea-culpa. Car, il ne peut pas oublier qu'il doit quelque chose à la Côte d'Ivoire toute entière; parce qu'il ne doit pas ignorer que le pouvoir appartient au peuple et on ne peut se l'arroger à souhait.

Pourtant, nous retenons quand même de lui, l'image d'un personnage profondément ancré dans les principes nationalistes; le fameux concept "d'ivoirité" reste imprimé dans la memoire de certaines gens, comme une marque de fabrique. Aussi, un programme de société fort bien éllaboré: "éléphant d'Afrique" ne peut être effacé de sitôt de l'esprit des gens. Cette mobilisation d'energie et de ressources humaines aurait été une des rares choses que cet aristocrate de province a su bien faire.  Que nous reserve-t-il encore avec son éventuel retour aux affaires?

Alassane

       Pour l'enfant prodige des finances internationales, il s'impose de rétablir la vérité. Nous croyons que les ivoiriens ne méritent pas de demeurer éternellement dans l'obscurité à propros de cette grande inconnue descendue tout droit d'un conte de fée. Le premier Ministre providentiel accouru au chevet d'une Côte d'Ivoire moribonde avec à sa tête un chef qui n'était plus que l'ombre de lui même, cache bien des secrets.

          En effet, l'avènement d'ADO à la tête du gouvernement ivoirien n'était pas seulement dû à la seule volonté du président Félix Houphouët Boigny qui était pratiquement en état de cessation de paiement des services de la dette;  conséquence de la crise économique généralisée qui ébranlait en ce moment là, les économies des plus grandes puissances mondiales. A dire vrai, Houphouët n'avait véritablement pas d'alternative face aux menaces des puissants argentiers de la banque mondiale. Par ailleurs, la crise monétaire internationale devenait de plus en plus préoccupante pour les institutions financières mondiales. Inquiètent du dévelloppement subversif des contestations démocratiques qui prenaient les proportions démesurées à travers le monde, ils anticipèrent tous les risques de débordement pour protéger leurs intérêts.

        Devant ces vagues inévitables et irréversibles de protestation et de revendication démocratiques qui sont parties de la majestueuse place Tien an Men de Pékin; surnomméés aussi vent de l'Est, ou plus exactement ce qu'on est finalement convenu d'appeler  << les grandes révolutions démocratiques>> , les institutions financières mondiales décidèrent alors de mettre à l'abri les intérêts acquis de la dette devant le raz de maeée qui emporterait à coup sûr, les dictatures mises en place en Afrique depuis les indépendances. Il faut aussi préciser qu'il s'agissait pour le continent noir, de la crise du capitalisme avec le fiasco des plans d'ajustement structurel (PAS). Cette situation conjoncturelle  fut alors le levier qui permit aux experts de la Banque Mondiale d'expédier en Afrique des paquets de solutions miracles dites correctives et baptisés PASR aux commandes desquels, on affecta les meilleurs spéciales en la matière.

          D'autres part, sur le plan  international, Houphouët était en rupture de ban avec son sempiternel protecteur, la France dont le Président de service Monsieur F.Mitterrand avait ouvertement désavoué le monopartisme à la conférence France/Afrique de la Baule. Le vieux qui était pris entre plusieurs feux ne voulait absolument pas perde la face. Il fera donc bon gré malgré, un choix douloureux en acceptant la collaboration de cet expert dont il ignorait tout et qu'il n'avait plus les moyens physiques et mentaux pour contrôler. Il faut dire aussi que sur le plan nationale, il doit affronter la fronde des contestataires qui ont mis en déroute le plan d'austérité de son ministre de l'économie, Monsieur N'koumoué Koffi. Aussi, Houphouët ne voulait pas frustrer ses fidèles collaborateurs en choisisant un semblant d'héritier parmi la meute.


 Ces derniers étaient tous préoccupés par cette éventuelle succession si bien qu'ils ne pouvaient rien voir arriver de l'extérieur. Ils étaient tellement obnubilés par le pouvoir, que personne ne savait réellement ce qui se tramait autour de lui. Ainsi, comme dans la fable, le troisième laron s'empara du butin et s'en alla sans crier gare.

Une fois installé à la primature, le docteur es économie, Alassane Dramane Ouattara mit tout le monde au régime sec; ce qui lui permit d'asseoir son pouvoir. Entre malédiction et haine, le nouveau homme fort du régime continua son petit bonhomme de chemin en s'attaquant ensuite,  aux sociétés d'état dont la privatisation n'avait jamais été envisagée par le vieux.  il poursuit enfin son oeuvre en violant les accords communautaires( protocole de 1979 instaurant la libre circulation des biens et des personnes dans l'espace CEDEAO), engageant des réformes sur l'immigration.

L'instauration de la carte de séjour, non seulement brisa un équilibre social en séparant les ivoiriens de leurs frères et soeurs de tous les jours; mais ce fut surtout, un choc psychologique pour les uns et pour les autres; conséquence: le doute et la suspicion s'installèrent désormais dans la tête des gens. Par ailleurs, le PM sévit également sur le plan politique en emprisonnant des opposants au régime.

Enfin, il va s'engouffrer dans une serie d'intrigues et faits obscurs. Son dernier passage au Fond Monétaire International (FMI) va se conclure malheureusement par une histoire nébuleuse d'argent sale non encore élucidée. Son Directeur Mr Candessus ne dira pas le contraire. Jusqu'à ce jour, cet éminent économiste n'a pas encore réalisé une seule oeuvre qui provienne intrinsèquement de son immense talent. Attend - t - il vraiment d'être  au pouvoir avant de nous montrer de quoi est - il capable? Wait and see, dirait l'autre.

Aux dernières nouvelles nous apprenons que le groupe des houphouetistes aurait décidé de créer un seul et unique parti. Nous reviendrons sur cette importante décision dans notre prochaine édition.

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